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Les élections 2017 en France :
des enjeux d'avenir

Article de Geoges Vervacke
Revue "TOUJOURS JEUNE", n° 482 - Janvier 2017

 

En 2017, la France va vivre une année électorale importante avec l'élection d'un président de la république et le renouvellement de la chambre des députés. Le débat a déjà commencé depuis plusieurs mois et nous souhaitons tous qu'il soit un véritable débat démocratique. Les enjeux en cause sont de taille. Et la situation mondiale fait que le résultat de ces élections engage notre avenir d'une façon déterminante. Quelques critères peuvent nous aider à guider notre choix.

 

Démocratie et société de violence

 

Quand la vie démocratique tombe dans le discrédit ou l'impuissance, les intérêts particuliers et les groupes de pression s'habituent à user de leurs moyens de contrainte pour forcer les politiques à satisfaire leurs demandes.

Si nous voulons progresser dans les pratiques démocratiques, nous devons promouvoir l'exercice du droit de vote en développant dans la société un véritable débat qui échappe aux postures, "aux petites phrases" et aux ambitions personnelles.

Le jeu médiatique fait souvent apparaître les projets et les candidats comme un jeu de rôle dans lesquels les enjeux ne sont présentés que comme des prétextes. Ils ne favorisent pas une confrontation pacifique, mais au contraire, en développant la violence verbale, il contribue à développer une sorte d'hystérie de la vie publique.

 

Pour un projet de société

 

Le débat démocratique n'est pas une fin en soi. Il doit expliciter quel projet de société nous voulons soutenir et promouvoir. Les critères économiques ne sont pas les seuls facteurs de constriction de la qualité de vie humaine, personnelle et collective.

La qualité humaine d'une société se juge aussi à la manière dont elle traite les plus faibles de ses membres, ceux qui sont laissés au bord du chemin de la prospérité : les personnes âgées, les malades, les handicapés. Nous ne pouvons être indifférents à aucune victime de notre société. Nous sommes responsables du respect de toute la vie de son commencement à sa fin.

 

Vers un pacte éducatif

 

Pour le bien de nos enfants, c'est un véritable pacte éducatif qui doit unir les familles et l'école et non, une concurrence, moins encore une méfiance.

La marginalisation d'un nombre croissant des familles, les mesures qui brouillent la filiation, et celles qui favorisent les divorces sont payées très cher par les premières victimes : les enfants. les liens entre l'éclatement des familles, l'échec scolaire, la marginalisation des jeunes et la délinquance sont avérés, même si nous ne souhaitons pas le reconnaître.

 

Solidarité

 

Une société vivante repose nécessairement sur la recherche du bien commun et la mise en œuvre de moyens de solidarité efficace. Dans notre société, l'écart entre ceux qui peuvent compter sur la sécurité et ceux qui sont plongés dans la précarité ne cesse de s'accroître. Le droit du travail tend à disparaître et il est illusoire de penser que les indemnités financières peuvent compenser cette carence.

L’État doit gérer positivement la tension entre un libéralisme sans contrôle et la sauvegarde de la protection sociale. Cet objectif doit nécessairement ressortir des projets soumis au vote des citoyens.

 

Migrants

 

Les événements dramatiques qui frappent les populations du Moyen-Orient ou d'Afrique jettent sur les routes et sur la mer des centaines de milliers de réfugiés, naufragés humains. Comment notre pays pourrait-il reculer devant la perspective d'accueillir et d'intégrer quelques dizaines de milliers de ces victimes ? Est-il aujourd'hui tolérable que des milliers d'homme, de femmes et d'enfants vivent dans notre pays dans des conditions trop souvent inhumaines ?

 

Europe

 

Le projet européen ne peut se poursuivre ni se développer sans une véritable adhésion des peuples d'Europe. Cette adhésion suppose de respecter davantage le fait historique et culturel des nations qui composent le continent. Une véritable pratique de la subsidiarité, telle qu'elle est inscrite dans les textes fondateurs, serait une nouvelle chance pour l'Europe et la paix.

 

Écologie

 

L’enjeu écologique doit être une prise de conscience morale des risques climatiques et économiques que court notre planète. Nous avons la charge d'un monde qui a ses limites et nous ne pouvons pas les épuiser comme s'ils étaient illimités. La sagesse nous invite à revoir nos modèles de consommation et à inventer un monde moins destructeur et plus juste.

 

Conclusion

 

Les quelques éléments repris ci-dessus nous aiderons sans doute dans notre réflexion avant de faire le choix important de ceux qui seront nos représentants à la tête de notre beau pays. Les difficultés que nous rencontrons ne sont pas un appel au renoncement, mais au contraire, elles nous acculent à investir toutes nos capacités pour construire une société plus juste et plus respectueuse de chacun. Cela s'appelle l'espérance

 

Georges Vervacke, diocèse de Lille

Extraits repris dans le livre du conseil permanent de la conférence des évêques de France

« Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique »

 

 

Pourquoi est-il nécessaire de voter ?

Dans un passé relativement récent, en France, des gens ont sacrifié leur vie pour obtenir le droit de vote.

Aujourd'hui encore dans beaucoup de pays, des peuples se battent et risquent leur vie pour obtenir ce droit à l'expression.

Le vote fait partie des libertés qui nous semblent aujourd'hui naturelles, et dont on ne perçoit l'importance que si elles viennent à disparaître.

L'abstention et le vote blanc n'ont pas du tout la même signification.

Ceux qui s'abstiennent perdent le droit d'exprimer leur mécontentement envers la politique menée par un gouvernement, car il n'aurait tenu qu'à eux qu'un autre soit en place, ils ne peuvent même pas se plaindre d'avoir été trahis, puisqu'ils n'ont fait aucun choix.

Le vote blanc, quant à lui. traduit l'insatisfaction devant les projets de tous les candidats. Et rien d'autre. C'est un vote qui constitue l'expression d'une opinion bien claire. Même s'il n'est pas aujourd'hui pris en compte dans le calcul des exprimés, il est cependant comptabilisé.

 

 

 

 

 

 

 

Article publié par Paroisse St-Maurand St-Amé de Douai • Publié Dimanche 19 février 2017 • 158 visites

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