5 - Le chemin de croix

Audio-guide « Visages de la Passion » - Collégiale St Pierre


VP - Commentaire 5.mp3
Voix de Caroline BIENCOURT, conservatrice diocésaine
et du Père André MERVILLE, curé de la paroisse



Le chemin de Croix Le chemin de Croix   Nous sommes au pied de la première des 14 stations du chemin de croix, une œuvre de Joseph Paul Blanc, Prix de Rome en 1867. Ces 14 tableaux furent peints en 1883. Les encadrements ont été dessinés par Henri Meurant, architecte. Cette œuvre raconte les dernières étapes de la vie de Jésus, depuis sa condamnation à mort jusqu'à sa crucifixion et sa mort au Calvaire puis sa mise au tombeau. Sur ce premier tableau appelé « première station », l'auteur a représenté Pilate, gouverneur romain, prononçant son jugement. L'assise de son trône est orné d'une sculpture qui évoque l'origine de ce pouvoir impérial: on s'en souvient, c'est à la bienveillance d'une louve, animal sauvage, que Rémulus, fondateur de Rome, doit sa survie. Dans ce tableau, Pilate, héritier de cette mémoire qui rend redevables les gouvernants de l'empire, se révèle pourtant impuissant à sauver Jésus qu'il vient de proclamer innocent. Tandis qu'il le livrant, d'un doigt accusateur à ses adversaires, il s'apprête à se laver les mains pour s'innocenter de toute responsabilité du sang qui sera versé par cet innocent.

Ce premier tableau livre la clé de lecture des tableaux qui suivront. Le représentant d'un gouvernement impérial qui prétendait faire régner un ordre pacifique et bienveillant, révèle son impuissance, sa vénalité et son hypocrisie. Une fin de règne s'annonce, comme un soleil qui reflète ses derniers feux de son couchant sur les façades de la ville. Mais voilà qu'un autre soleil semble se lever ; on le devine à cette ombre portée, sur le dallage, derrière les pas de Jésus dont la tête s'auréole déjà des premiers feux du jour nouveau. Les mains liées, il part avec calme et dignité, recueilli en lui-même, vers l'accomplissement de son destin. Désormais, il est sourd au tumulte de la foule, à ses querelles et à ses passions. Ce monde est déjà en train de disparaître ; un autre va le remplacer, celui pour lequel ce condamné va librement offrir sa vie. En prenant le temps de contempler chacun des 14 tableaux, vous serez sensibles à ce climat d'intériorité qui s'exprime dans une profonde unité d'inspiration et de ton, à travers un bel ensemble de formes parfaitement proportionnées, homogénéisées par des couleurs en mi-teintes. Comme si l'ancien monde, celui-là même qui a causé la mort de ce condamné, était déjà renouvelé et transfiguré par sa prière.

logoparoisse
Paroisse St-Maurand St-Amé de DOUAI
OT Douai

 

Article publié par MICHEL LAISNE • Publié le Mercredi 28 mars 2012 • 2941 visites

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