Fête du Saint Sacrement à Douai

Procession et messe présidée par Mgr Dollmann

10h15 : Procession avec l'Hostie du miracle, de la place Saint Amé, lieu fondateur de la ville, à la collégiale St Pierre.
11h : Messe à la collégiale présidée par Mgr Dollmann, puis adoration eucharistique.
Au cours de cette célébration 17 jeunes du Collège St-Jean et du Collège de la Ste-Union, et un catécumène, ont communié pour la première fois.
17h : Vêpres solennelles et Salut animés par la Maîtrise des Petits Chanteurs de Lambres.

 

HOMELIE DE Mgr VINCENT DOLLMANN

 

FÊTE DIEU

 

Après le temps de Pâques où nous avons célébré la mort et la résurrection du Christ, la fête Dieu en affirme son actualité : Jésus est mort et ressuscité pour nous, pour nous donner accès à la vie de communion avec Dieu.
Cela se réalise dans chaque eucharistie que nous appelons également « communion ». C’est dans l’eucharistie que Jésus se donne comme le pain vivant, c’est là qu’il se donne réellement et personnellement. Depuis la Sainte Cène retentissent à chaque eucharistie ces paroles inouïes : « Ceci est mon corps », « Ceci est mon sang ».
Pour nous, habitués de la messe, elles peuvent facilement devenir des paroles banales vidées de leur nouveauté et de leur sens. Si nous ne prenons pas le temps de méditer ces paroles, nous risquons en effet d’en oublier leur signification pour notre vie.
A l’opposé, pour beaucoup de nos contemporains, ce sont là des paroles insensées qui n’ont plus leur raison d’être dans notre monde scientifique et technique. Soit on se moque des chrétiens, en parlant de culte d’un autre âge voire d'anthropophagie. Soit on cherche à interpréter ces paroles d’une façon symbolique, suggérant que Jésus n’y a vu qu’une image ; l’essentiel serait l’exemple de fraternité qu’il a laissé.

La fête d’aujourd’hui est une occasion pour redécouvrir l’enjeu de ces paroles inouïes et indépassables : « ceci est mon corps, ceci est mon sang ». Comme nous l’avons entendu dans la première lecture, quand Abraham revint victorieux de son combat contre ses ennemis, le prêtre Melkisédek présenta du pain et du vin pour rendre grâce à Dieu. Cette offrande annonçait celle que le Fils de Dieu réalisera sur la croix où il brisera le mal et la mort et établira la communion définitive entre Dieu et l’humanité. L’offrande du pain et du vin devient celle du corps et du sang du Christ mort et ressuscité. Gratuitement, sans mérite de sa part, l’homme peut recevoir cette nourriture qui fait entrer dans une relation nouvelle et profonde avec le Seigneur.
Comment est-ce possible ? Pour accueillir ces paroles du Christ, hier comme aujourd’hui, un choix est à faire. Notre foi en Jésus Fils de Dieu est interpelée. Quand saint Paul rapporte l’institution de l’eucharistie dans la lettre aux Corinthiens, il écrit : « Voici ce que j’ai reçu du Seigneur… ». Le titre « Seigneur » renvoie dans la bouche de l’apôtre au Christ Ressuscité. Pour lui, l’eucharistie est une vérité de foi essentielle, aussi importante que celle de la mort et de la résurrection du Christ. La foi en Jésus eucharistie et la foi en Jésus mort et ressuscité sont intimement liés. C’est bien parce que Jésus est mort et ressuscité par l’action de l’Esprit-Saint et qu’il est le Fils de Dieu qu’il peut faire ce qu’aucun être cher, même le plus proche, ne peut faire : se donner à travers le temps et l’espace. L’Esprit-Saint qui a ressuscité Jésus d’entre les morts réalise le miracle de sa présence à chaque eucharistie. Là, nous pouvons le voir, le toucher, et mieux encore le manger, c’est à dire le prendre avec nous dans notre vie la plus intime.

Frères et sœurs, laissons-nous émerveiller devant Dieu Trinité d’amour qui veut nous rendre participants de sa vie de communion et devant son Fils Jésus qui se donne en nourriture pour l’offrir, réellement et personnellement.
Cet émerveillement peut devenir une attitude profonde de foi, si nous cherchons à développer un cœur d’adorateur. La Fête Dieu est l’occasion de renouer avec la prière d’adoration du Christ eucharistie.
Le Pape François dans son Exhortation aux jeunes évoque la figure de Carlos Acutis, mort en 2006 à 15 ans d’une leucémie foudroyante. Dès sa Première Communion, il n’a jamais manqué le rendez-vous quotidien à la messe qu’il appelait « son autoroute vers le Ciel ». Il cherchait toujours, avant ou après la célébration eucharistique, à prier devant le Tabernacle pour adorer le Seigneur. Il aimait partager sa foi sur les réseaux sociaux et avait entrepris une recherche sur les lieux liés à un miracle eucharistique. Dans sa présentation de Douai, il indique : « Bien que 800 ans soient passés, aujourd’hui encore, on peut vénérer l’hostie du miracle. Tous les jeudis, de nombreux fidèles se réunissent à l’église Saint-Pierre pour prier devant l’hostie miraculeuse ».
Tous ceux qui sont attachés à maintenir vivante la tradition eucharistique de Douai trouvent ainsi un encouragement inattendu dans le témoignage de ce jeune serviteur de Dieu.

Et nous qui sommes rassemblés en cette collégiale, puissions-nous réaliser la grandeur du don de Dieu.
Lors du rite de la communion, si nous accueillons le corps du Christ, disons avec conviction : « amen », ce qui signifie « je crois ». Et nous tous, ne nous laissons pas distraire, mais profitons de ce moment pour remercier le Seigneur ; il est là pour moi par l’action de l’Esprit Saint, il est là pour m’entraîner dans la vie de communion avec Dieu son Père.

 Vincent Dollmann
Archevêque de Cambrai
23 juin 2019

 

Crédit photos : Marie-Paule Laisne.
Les photos individuelles des premières communions sont disponibles
auprès des animateurs en pastorale : Marie Ilski et Arnaud Payage.

 

Article publié par Michel LAISNE • Publié le Mercredi 26 juin 2019 • 852 visites

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