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Six mois de pontificat du pape François

"Bergoglio entretenait dans son diocèse le dialogue avec tous". Un témoin raconte et analyse six mois de pontificat.

ROME, 21 septembre 2013 (Zenit.org) - Le pontificat du pape François n’introduit « aucune rupture révolutionnaire avec la tradition de l'Église », fait observer le prof. Guzmán M. Carriquiry Lecour, secrétaire de la Commission pontificale pour l’Amérique latine, dans une conférence donnée le 21 août dernier, lors du Meeting de Communion et Libération à Rimini (Italie), aux côtés du père Josè Maria “Pepe” Di Paola. Il souligne que déjà « Bergoglio entretenait dans son diocèse le dialogue avec tous », vivait cette « Église pauvre avec les pauvres » dont le pape parle si souvent. Nous publions notre traduction de son intervention, avec son aimable autorisation, à l’occasion des six premiers mois de pontificat.


Conférence du prof. Carriquiry (première partie) :

 

Lorsqu’on entend le Père Pepe parler de son expérience, de l’expérience de l’archidiocèse de Buenos Aires dans les « Villas Miseria », on a envie de s’exclamer : C’est autre chose que le paupérisme idéologique, autre chose que le populisme de la paupérisation ! Il nous aide à imaginer l’évêque Jorge Mario Bergoglio en train de visiter les Villas Miseria, aux côtés de ses prêtres, entrant dans les maisons des plus pauvres, partageant le pain et célébrant avec eux l’Eucharistie. Au fond, c’est la même image que celle du pape François lavant les pieds des détenus de la prison pour mineurs de Rome, visitant Lampédouse, le bidonville de Varginha ou l’hôpital pour les personnes toxicodépendantes à Rio de Janeiro. Nul besoin d’une théologie de la libération pour faire cela. Il suffit de l’Évangile vécu, du baiser de la charité, du don ému de soi. Il suffit d’être disciple et témoin d’un Dieu qui, bien qu’il soit riche, se fait pauvre jusqu’à l’invraisemblable, nouvelle eucharistie en tous ceux qui souffrent encore, dans leur chair, ce qui manque à la passion du Christ. Nous serons jugés sur ce que nous aurons fait (ou que n’aurons pas fait) pour les petits et pour les plus démunis. Cela a peut-être été, et c’est encore, la contribution la plus importante de l’Église d’Amérique latine au monde catholique : S’être réapproprié l’Évangile et la tradition catholique en ce qui concerne une « Église pauvre et pour les pauvres ».

 

Si les Villas Miseria se sont beaucoup développées ces dernières années, Buenos Aires est certainement bien davantage que cela. On la juge à partir de celles-ci, mais elle est bien plus que cela. L’archidiocèse qui a été confié à l’évêque Bergoglio était, et est encore, une énorme ville cosmopolite, où subsiste encore un fond de catholicisme populaire bien enraciné, mais qui est aussi marquée par toutes les réalités, les stimulants et les plaies de la culture globale. À Buenos Aires, le « nord » et le « sud » du monde posent de grands défis à la pastorale : De l’idolâtrie de l’argent et du pouvoir aux Villas Miseria, de la vitalité de la religiosité populaire jusqu’à l’extrême sécularisation et au pullulement de toutes sortes d’idéologies. L’évêque Bergoglio ne faisait jamais de théorie sur la nouvelle évangélisation ; il partageait l’Évangile en première personne, au milieu de son peuple, avec un grand amour pour le troupeau qui lui avait été concrètement confié, poussant ses prêtres à sortir vers les carrefours et les périphéries de la vie citadine, avec la conviction joyeuse et reconnaissante, comme le dit maintenant le pape François, « que la vérité chrétienne est attirante et persuasive parce qu’elle répond aux besoins profonds de l’existence humaine ». En excellents termes avec les éparques orthodoxes de la région, rencontrant une fois par mois les pasteurs évangéliques pour prier ensemble, lié par une profonde amitié avec le grand rabbin de Buenos Aires, très respecté par l’imam de la ville, Bergoglio entretenait dans son diocèse le dialogue avec tous, « sans négocier son appartenance ». Hommes politiques, syndicalistes, entrepreneurs, journalistes et bien d’autres personnes ordinaires cherchaient à le rencontrer personnellement parce qu’il était reconnu comme la personne la plus influente et la plus affable de l’Argentine, gardien de la libertas ecclesiae et du bien de son peuple. En outre, le cardinal Bergoglio, qui a toujours été non seulement argentin mais aussi avec une forte conscience latino-américaine, a été l’acteur principal de cet événement qui a signé la maturité de l’Église en Amérique latine, à savoir la Conférence d’Aparecida. Il faut lire le « document d’Aparecida » pour en connaître la portée pastorale. Si l’on ajoute à cette longue expérience sacerdotale et pastorale son expérience « romaine » comme membre de divers dicastères du Saint-Siège et sa charge de « rapporteur » à l’Assemblée du Synode mondial des évêques qui avait justement pour thème la figure de l’évêque à l’aube du nouveau millénaire, on peut donc reconnaître que la providence de Dieu avait déjà bien préparé Jorge Mario Bergoglio à son pontificat. Enfin, la grâce qui assiste le Successeur de Pierre l’a rajeuni, en a fait un homme plus communicatif, plus expressif dans ses sentiments, plus libre, joyeux et déterminé dans le ministère qui lui a été confié, avec une paix, une sérénité et une énergie qui ne peuvent venir que de la profondeur de sa relation avec Dieu.

 

J’aime rappeler que c’est dans le vol vers Sao Paulo et Aparecida que le Saint-Père Benoît XVI a dit ces paroles prémonitoires au sujet de l’Amérique latine : « Je suis convaincu, a-t-il affirmé au cours d’une conférence de presse informelle, que c’est ici que se décide, au moins en partie – et une partie fondamentale – l’avenir de l’Église catholique : Pour moi, ceci a toujours été une évidence ». Cela n’a pas échappé au pape Benoît qui allait rencontrer plus de 40% des catholiques du monde entier (qui, avec les communautés hispaniques des États-Unis et du Canada, en représentent presque la moitié !) et une Amérique latine qui n’était déjà plus une périphérie en retard, marginalisée et méprisée mais une région fortement émergente sur la scène internationale.

 

Avec le pape François, l’Amérique latine redonne à l’Église universelle le meilleur d’elle-même ; elle remet au centre du monde catholique le trésor de la tradition catholique, profondément inculturée dans l’histoire et dans la vie de nos peuples, et qui lui avait été apportée cinq siècles auparavant à travers la première évangélisation des missionnaires européens, surtout espagnols et portugais. Il est certain que, s’il y a aujourd’hui chez notre peuple une saine fierté pour le premier pape latino-américain, les Églises d’Amérique latine doivent cependant se montrer dignes de la position singulière où la Providence les a placées. Elles doivent assumer des exigences et des responsabilités accrues qui se déclinent, pourrait-on dire, à trois niveaux.

 

Le premier consiste à reprendre pour elle-même et à réassumer toute la grande tradition catholique à travers un saut de qualité dans la formation et la croissance chrétienne des fidèles et des ministres.

 

Au second niveau, un élan renouvelé de la « mission continentale » comme le partage du Mystère présent, capable d’émouvoir la vie de nos peuples et de leur ouvrir la voie vers un développement intégral.

 

Le troisième concerne la responsabilité accrue dans la sollicitude apostolique universelle, en collaboration avec le ministère universel du pape.

 

L’élection de Jorge Mario Bergoglio comme Successeur de Pierre a été un imprévu pour pratiquement tout le monde dans l’Église. En effet, il n’était pas retenu parmi les grands candidats susceptibles de devenir pape. Mais vous vous souvenez bien de quelqu’un qui nous a parlé de l’imprévu comme de « quelque chose de nouveau qui entre dans notre vie, de non prévu, non défini auparavant », qui arrive par surprise, qui rompt avec nos schémas prédéfinis, qui secoue la cage bien tranquille dans laquelle nous sommes toujours tentés de nous réfugier, qui nous met face à une réalité que nous n’avions pas prise sérieusement en considération.

 

Aujourd’hui, François, Successeur de Pierre, est pour nous cet événement, la personne réelle, l’humanité singulièrement concrète qui rend la compagnie du Christ présente à l’homme et proche de lui, qui garde et montre le Mystère qui sauve. Je veux, ici et maintenant, être parmi les pauvres témoins de la joie et de la gratitude, de la « suite du Christ » pleine d’enthousiasme, de cette forme concrète d’obéissance à laquelle nous provoque le don de Dieu à travers le pape François. Comme le confesse aussi le Père Julián Carrón, je suis « content de pouvoir apprendre de lui et de pouvoir être en sa compagnie pour reconnaître, comme il nous y invite, le primat de la rencontre avec le Christ, qui nous déconcerte toujours ».

 

Laissons-nous étonner par les surprises de Dieu, disait le pape François à Rio de Janeiro. Laissons-nous étonner avec les foules qui lui ont manifesté un accueil surprenant, le cœur ouvert, joyeux, rempli d’attente, y compris tous ceux qui s’étaient éloignés de la foi ou qui pensaient en avoir définitivement fini avec l’Église. Qu’est-ce que la mission sinon un attrait, l’attrait pour une vérité, une beauté, qui réveille les « cœurs anesthésiés », qui rompt la carapace de l’indifférence, qui stimule les désirs, suscite un pressentiment de curiosité, une question chargée d’attente ? « Les gens simples ont toujours un espace pour loger le mystère (…). Dans la maison des pauvres, Dieu trouve toujours de la place », a dit le pape François dans son extraordinaire discours aux évêques brésiliens. C’est pourquoi il faut « une Église qui fasse de la place au mystère de Dieu, une Église qui accueille ce mystère en elle-même, pour pouvoir séduire les gens, les attirer. Seule la beauté de Dieu peut attirer. La voie de  Dieu est la fascination qui attire (…). Dieu réveille en l’homme le désir de le garder dans sa vie, dans sa maison, dans son cœur. Il réveille en nous le désir d’appeler nos proches pour leur faire connaître sa beauté. La mission nait justement de cette fascination divine, de cet étonnement de la rencontre ». Si l’on veut attirer les gens à Dieu, on ne peut pas partir des « non », ni même de ces « non » considérés comme acquis dans une Église qui sait qu’elle ne peut rien négocier de ce qui est essentiel dans sa doctrine.

 

En cet extraordinaire premier semestre de 2013, nous sommes particulièrement appelés à percevoir, d’une part, la solide continuité de la grande tradition catholique, du patrimoine de foi qui nous vient du témoignage apostolique, par l’intermédiaire des Successeurs de Pierre et en particulier de Benoît XVI et du pape François. Je veux parler de cette continuité qui s’est manifestée dans l’obéissance inconditionnelle assurée par le pape Benoît au moment de sa renonciation, à celui qui allait devenir son successeur. Elle s’exprime dans les liens d’affection entre les papes Benoît et François, dans les images où on les voit prier ensemble, dans l’encyclique « Lumen fidei », écrite à quatre mains, dans les paroles du pape argentin aux jeunes, à Rio de Janeiro, rappelant toujours ses deux prédécesseurs Jean-Paul II et Benoît XVI et saluées par des applaudissements retentissants. En même temps, comment ne pas admirer le fait que se succèdent des papes dont les biographies sont aussi différentes, qui sont issus de contextes culturels aussi divers, de tempéraments, de formation, de sensibilités et de styles aussi différents au point que chacun d’eux semble avoir été destiné et défini comme la personne adéquate pour répondre à un moment précis aux exigences de la mission de l’Église, en fonction de la conjoncture historique. C’est pourquoi c’est l’œuvre du démon, le prince du mensonge et de la division, lorsqu’on s’obstine de manière obsessionnelle à comparer l’évêque émérite et son successeur, soit pour rester attaché avec nostalgie au pape précédent – et ceci est une mauvaise nostalgie qui dégénère en jugements pharisiens sur le pape actuel – soit pour exalter le pape actuel au point de dénigrer ses prédécesseurs, considérant toute nouveauté et toute réforme qu’il apporte comme une rupture révolutionnaire avec la tradition de l’Église, dans l’histoire ininterrompue d’amour qui est celle de l’Église.

 

(seconde partie) :

 

Aujourd’hui, nous avons un seul pape, François, protagoniste d’une Église qui, par la grâce de Dieu, s’auto-réforme dans sa tête et dans ses membres. Le pontificat de Benoît XVI, qui a été pour cet homme saint, humble et sage, une sorte de chemin de croix, dans le climat tendu et dramatique de la vie ecclésiale, cède le pas à l’explosion de joie et d’espérance inattendue mais désirée, du pontificat du pape François, surprise de l’Esprit-Saint qui sait quand et comment provoquer un sursaut chrétien dans les âmes. L’extraordinaire renonciation du pape allemand « pour le bien de l’Église » acquiert une nouvelle lumière avec le pontificat du pape argentin. Si Benoît XVI est devenu dramatiquement conscient, dans son dialogue face à face avec Dieu, de son manque de forces pour affronter les devoirs et les décisions nécessaires, sa liberté et son humilité – la conscience que c’est Dieu, et non le pape, qui conduit son Église ! – prépare le chemin afin que le timon de la barque de Pierre soit pris par celui qui, par la grâce de Dieu, est capable de le faire dans des conditions meilleures et surprenantes. Après le saint maître, le saint pasteur, un père proche de son peuple. La plus grande théologie « ratzingerienne » qui est un magistère riche pour l’Église d’aujourd’hui et de demain, cède le pas à la prédication vécue d’un Évangile « sans glose » qui en est la source. La solide formation théologique et philosophique du pape jésuite se fait essentialité évangélique dans sa « grammaire de la simplicité », un élan renouvelé et une fraicheur apostolique dans sa façon d’être parmi les gens - jamais détaché, jamais réfugié dans la rhétorique des « principes » - avec des gestes plein d’affection, de consolation, de tendresse. Imprévu et imprévisible, comme l’écrit l’évêque et ami Massimo Camisasca – parce que toujours à la recherche, guidée par Dieu et par son expérience pastorale, de nouvelles voies pour rejoindre les hommes qui sont en face de lui. Et les personnes sont touchées parce qu’elles se sentent embrassées par une miséricorde mystérieuse et débordante. Le pape François préfère la médecine de la miséricorde à la rigueur d’un comportement sévère et qui juge. « Dieu pardonne toujours, il pardonne tout. C’est nous, répète-t-il, qui nous lassons de nous faire pardonner. D’où la nécessité de la prière, humble, forte, courageuse, pour que Jésus puisse faire le miracle du changement dans notre vie ».

 

C’est une révolution évangélique. Après les dévastations humaines auxquelles ont abouti les Révolutions, avec un « R » majuscule, selon la mythologie de l’athéisme messianique, seule l’Église peut recommencer à parler de révolution en vérité, disait mon maître Alberto Methol Ferré dans son livre-entretien rédigé avec son ami Alver Metalli. Il semble que le pape Benoît XVI l’ait écouté, lui qui a parlé ensuite d’une « révolution de l’amour », du christianisme comme de « la mutation la plus radicale de l’histoire. La « révolution de la grâce » dit maintenant le pape François, parce que c’est la seule qui change ontologiquement l’homme, le sujet de l’histoire. « Se mettre dans le courant de la révolution de la foi », a-t-il dit aux trois millions de jeunes à Copacabana, les invitant à être révolutionnaires parce que à contre-courant d’une culture qui génère la « confusion sur le sens de la vie, la désintégration personnelle, la perte de l’expérience d’appartenir à un « nid », l’absence de foyer et de liens profonds ».

 

Le pape François nous appelle à la conversion, en nous confiant à la grâce, pour être libérés des idoles et acquérir de nouveau la vraie liberté. Cette révolution de la grâce est le fruit de la rencontre avec le Christ, comme il ne cesse d’enseigner et d’y inviter, et non l’exaltation de la volonté (le pélagianisme !) ou la simple sagesse humaine (la gnose !). C’est la source de la mission : Communiquer le don de la rencontre avec le Christ, « d’un débordement d’allégresse et de gratitude » (comme on le lit dans le document d’Aparecida). « Sortir » est le verbe le plus fréquemment utilisé par le nouveau pape : Sortir de notre autosuffisance, sortir de l’auto-référentialité, sortir des « petites églises » où l’on se complait entre soi, sortir vers les périphéries existentielles où la vie des hommes est en jeu. Nous ne pouvons pas ne pas nous poser les questions que le pape François se posait à lui-même et qu’il adressait aux évêques brésiliens : « Le mystère difficile de ceux qui quittent l’Église ; des personnes qui, après s’être laissées illusionner par d’autres propositions, retiennent que désormais l’Église (...) ne peut plus offrir quelque chose de significatif et d’important. (...) Peut-être l’Église est-elle apparue trop faible, peut-être trop éloignée de leurs besoins, peut-être trop pauvre pour répondre à leurs inquiétudes, peut-être trop froide dans leurs contacts, peut-être trop autoréférentielle, peut-être prisonnière de ses langages rigides, peut-être le monde semble avoir fait de l’Église comme une survivance du passé, insuffisante pour les questions nouvelles ». Ces questions sont comme l’écho de celle, dévorante, d’Eliot dans le cœur de « La Rocca », souvent reprise par don Giussani : « C’est l’humanité qui a abandonné l’Église ? » ou « c’est l’Église qui a abandonné l’humanité ». « Il faut une Église, poursuivait le pape, qui n’a pas peur d’entrer dans leur nuit, (...) capable de les rencontrer sur leur route, (...) en mesure de s’insérer dans leurs conversations, (...) de tenir compagnie (...), capable de réchauffer le cœur, de réaccompagner à la maison, (...) de réveiller l’enchantement » pour la beauté de la foi.

 

Mon cher ami Lucio Brunelli a raison lorsqu’il écrit que l’originalité du pontificat est d’être « le pape de ceux qui sont loin, le bon pasteur des quatre-vingt-dix-neuf brebis qui ont quitté l’enclos » et il n’y a pas d’action ou de parole du pape François qui n’ait cet horizon, ce cœur missionnaire ».

 

Voilà le véritable changement que l’Esprit est en train de susciter aujourd’hui dans la vie de l’Église, ouvrant d’immenses possibilités d’évangélisation. C’est une transformation qui ne passe pas d’abord par des changements dans l’équipe du gouvernement et des structures de l’Église, ni par les interventions au IOR (l’Institut pour les œuvres de religion, ndlr) ou d’autres initiatives de transparence et de nettoyage, ni par le démontage de l’appareil pompeux de représentation et de sécurité. Tout ceci est bien sûr indispensable pour que la liberté et l’exemplarité du pape se manifestent aussi comme une libération de ce qui alourdit la curie. Il est nécessaire de libérer la foi des incrustations mondaines pour la rendre à nouveau attirante. Certes, comme l’écrit l’excellent Socci, déjà ses prédécesseurs « ont initié un démantèlement progressif de la pesanteur royale de la Curie. Jean-Paul II préférait rester sur les routes du monde plutôt qu’au Vatican. Et Benoît XVI a lancé des flèches contre le carriérisme, le cléricalisme, les mondanités, les divisions, les ambitions de pouvoir (...) qui salissent l’Église ». Maintenant le pape François réalise ce que son prédécesseur a si souvent demandé, et même plus ... Tout cela fait partie de la « révolution évangélique » qui marque la profonde mutation « de la manière même d’être pape ».

 

Une dernière remarque : L’encyclique « Lumen fidei » est un geste d’une extraordinaire reconnaissance et humilité de la part du pape François. Bien que la majeure partie du texte soit de l’évêque émérite de Rome, le pape François l’a complétée, lui a donné son unité et l’a signée comme la première encyclique de son pontificat. Et c’est beau qu’il en soit ainsi parce que le Magistère de Benoît XVI mais aussi de tous ses prédécesseurs n’est pas d’« hier » mais il est contemporain à l’aujourd’hui de l’Église. Mais en même temps, il semble très important que la lecture de cette encyclique ne s’enferme pas dans des herméneutiques et des exégèses de la pensée « ratzingerienne », d’une façon un peu « rétro », mais qu’elle soit lue surtout à la lumière de l’avènement du pontificat du pape François, des perles de ses homélies quotidiennes, de ses catéchèses, de ce « sortir » missionnaire pour partager la lumière de la foi à tous les peuples. Aujourd’hui la lumière de la foi resplendit grâce au témoignage, aux paroles, aux silences et aux gestes du pape François et elle illumine ce temps de grâce et d’espérance que nous sommes en train de vivre.


Prions pour le pape François !

Article publié par Adrien PERUS • Publié Mardi 24 septembre 2013 • 527 visites

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