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Le cantique du Soleil

Ext. des Fiorettis de St François repris et commenté par Frédéric Ozanam dans "Les poètes franciscains au XIIIe siècle en Italie" (pages 65, 66, 67)

 

Cantique du Soleil Cantique du Soleil  
Site des Franciscains du Québec
Site des Franciscains du Québec

 

En la dix-huitième année de sa pénitence, le serviteur de Dieu, ayant passé quarante nuits dans les veilles, eût une extase, à la suite de laquelle, il ordonna à frère Léonard de prendre une plume et d'écrire. Alors il entonna le cantique du Soleil. Et après qu'il l'eut improvisé, il chargea le Frère Pacifique, qui dans le siècle avait été poète de réduire les paroles à un rythme plus exact, et il ordonna que les Frères les apprissent par cœur pour les réciter chaque jour. Les paroles du cantique étaient celles-ci :

 

« Très-haut, tout-puissant et bon Seigneur, à vous appartiennent les louanges, la gloire et toute bénédiction. On ne les doit qu'à vous, et nul homme n'est digne de vous nommer.

Loué soit Dieu, mon Seigneur, à cause de toutes les créatures, et singulièrement pour » notre frère messire le soleil, qui nous donne le jour et la lumière. Il est beau et rayonnant d'une grande splendeur, et il rend témoignage de vous, ô mon Dieu !

Loué, soyez-vous, mon Seigneur, pour notre sœur la lune et pour les étoiles ! Vous les avez formées dans les cieux, claires et belles.

Loué soyez-vous, mon Seigneur, pour mon frère le vent, pour l'air et le nuage, et la sérénité et tous les temps, quels qu'ils soient ! car c'est par eux que vous soutenez toutes les créatures.

Loué soit mon Seigneur, pour notre sœur l'eau, qui est très utile, humble, précieuse et chaste !

Loué soyez-vous, mon Seigneur, pour notre frère le feu ! Par lui vous illuminez la nuit ; îi il est beau et agréable à voir, indomptable et fort.

Loué soit mon Seigneur, pour notre mère la terre, qui nous soutient, nous nourrit, et qui produit toute sorte de fruits, les fleurs diaprées et les herbes ! »

 

Peu de jours après, une grande dispute s'éleva entre l'évêque d'Assise et les magistrats de la cité. L'évêque fulmina l'interdit, les magistrats mirent le prélat hors la loi, et défendirent tout commerce avec lui et les siens. Le saint, affligé d'une telle discorde, se plaignait de ne voir personne qui s'entremît pour rétablir la paix. Il ajouta donc à son cantique le verset suivant :

 

« Loué soyez-vous, mon Seigneur, à cause de ceux qui pardonnent pour l'amour de vous, et qui soutiennent patiemment l'infirmité et la tribulation ! Heureux ceux qui persévéreront dans la paix ! car c'est le Très-Haut qui les couronnera. »

 

Puis il ordonna que ses disciples iraient hardiment trouver les principaux de la ville, qu'ils les prieraient de se rendre devant l'évêque, et qu'arrivés là, ils chanteraient à deux chœurs le verset nouveau. Les disciples obéirent, et au chant de ses paroles, auxquelles Dieu semblait prêter une vertu secrète, les adversaires s'embrassèrent avec repentir, et se demandèrent pardon.

Ensuite, ayant été conduit à Foligno pour y rétablir par le changement d'air sa santé altérée, il éprouva quelque adoucissement de ses douleurs. Mais bientôt il apprit par révélation qu'il souffrirait encore deux ans, après quoi il entrerait en possession du repos éternel ; et, ravi de joie, il composa le verset suivant, par lequel il termina le cantique :

 

« Soyez loué mon Seigneur, à cause de notre sœur la mort corporelle, à qui nul homme vivant ne peut échopper ! Malheur à celui qui meurt en péché mortel ! Heureux ceux qui à l'heure de la mort se trouvent conformes à vos très-saintes volontés ! car la seconde mort ne pourra leur nuire.

Louez et bénissez mon Seigneur, rendez-lui grâces, et servez-le avec une grande humilité. »

 

18 octobre, Douai
Lecture - Conférence : « Des fleurs de poésie » Frédéric Ozanam et François d'Assise

 

Article publié par Paroisse St-Maurand St-Amé de Douai • Publié Dimanche 27 octobre 2013 • 660 visites

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