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Homélie du Père Matthieu Bobin

Dimanche 27 avril 2014, église Notre-Dame, Douai

 

(Homélie Père Matthieu Bobin_20140427.mp3)

 

Frères et sœurs, la merveille de l’Église, c'est que le Christ est ressuscité ici et maintenant, c'est que ici et maintenant, Jean-Paul II et Jean XXIII sont canonisés. Parce que nous sommes le Corps du Christ. Parce que le Christ vit ici. Alors ça se passe ici, c'est la force de l’Église du Corps du Christ. Donc nous sommes évidemment dans la joie, et je me réjouis d'être présent au milieu de vous, et de retrouver cette paroisse qui m'a tant donné, ces amis qui m'ont accueilli et m'ont donné une force pour tout mon ministère. Alors je commence par vous remercier.

 

Quand on plonge dans l’Évangile, on voit Jésus ressuscité, on voit qu'il nous montre son côté, son côté blessé, et enfin, il nous donne la mission du pardon.

 

Première partie :Jésus est ressuscité

Nous avons aujourd'hui cette joie extraordinaire que c'est maintenant la résurrection.

Et donc nous avons à plonger dans cette résurrection maintenant. Jésus est vivant maintenant. Mais peut-être que pour goûter vraiment la force de la résurrection, il nous faut replonger dans la tristesse des apôtres. Ils ont partagé quelque chose d'extraordinaire, avec un homme extraordinaire, voilà qu'il meurt sur la croix. Leur ami bien aimé est au tombeau. Et c'est fini, c'est perdu, il n'y a plus rien a attendre. Mon ami est mort. Celle que j'aime est décédée. Mon frère m'a trahi. Celui que j'aime est parti. Il n'y a plus rien à espérer.

Voilà que les portes sont fermées, les apôtres sont entre eux, inquiets. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! ». La paix soit avec vous frères et sœurs. Nous avons ce bonheur que le Christ veut nous ressusciter, que le Christ veut nous entraîner dans son sillage, que le Christ veut nous relever de toutes nos morts, parce qu'il est vivant, aujourd'hui.

Aujourd'hui, c'est la canonisation de deux grand prophètes de la foi jean-Paul II et Jean XXIII, je me dis que la première chose qu'une canonisation nous explique, nous enseigne, c'est notre destination. Si Jésus est ressuscité, si Jean XXIII et Jean-Paul II sont canonisés, c'est pour nous dire que notre vie est comme une flèche, et que la cible, c'est le cœur de Dieu. De l'autre côté de la mort, la cible, la fin de notre vie, c'est notre bonheur pour l'éternité. C'est cela que signifie la résurrection : la vie pour toujours.

Du coup notre vie de la Terre prend un sens différent. Les choses de la Terre ont une importance, mais elles sont secondaires par rapport à la fin de notre vie. Tout est fait pour être orienté, tourné vers ce Dieu qui nous attend. Et donc laissons nous saisir et entraîner par la résurrection de Jésus.

 

Deuxième partie : Jésus nous montre son cœur blessé

Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Jésus est ressuscité, mais il garde sa douleur.

Notre Dieu est un Dieu de compassion, il est maintenant dans l'éternelle joie du Ciel, mais son cœur demeure blessé, pour toutes les peines de nos vies, et les peines de nos frères. Or si le cœur de Jésus est blessé, nous ne pouvons pas faire autrement nous aussi d'avoir nos cœurs blessés. Si Jésus, notre maître et Seigneur, le premier, a un cœur ouvert, alors il nous invite à avoir le même cœur.

Notre bon pape François n'arrête pas de nous enquiquiner en nous disant : il faut aller vers les autres, vers les gens qui ne connaissent pas Jésus. Et il dit ceci : si nous n'annonçons pas Jésus à ceux qui sont autour de nous, nous les privons de leur plus grand ami, nous les privons de cette joie qu'ils peuvent avoir, d'avoir quelqu'un de ressuscité à leur côté.

Ainsi donc quand nous marchons dans la rue, je nous invite à avoir un cœur blessé en nous disant : cet homme là, je ne le vois jamais à la messe, sûrement qu'il ne connaît pas Jésus. Comment est-ce que je peux faire pour qu'il le rencontre ? Comment est-ce que je peux faire pour que la joie que j'ai reçue aille sur lui. Jésus est ressuscité pas seulement pour moi, mais pour mon frère. Voilà, ayons des cœurs blessés.

Le pape Jean – ce matin, je me disais, il faudrait que je mette une phrase du pape Jean dans mon homélie, alors j'ai ouvert un livre sur lui, et je suis tombé sur cette phrase où il s'émerveille de sa paroisse de Venise – il dit : c'est la Providence qui me l'a confiée. Frères et sœurs, c'est la Providence qui nous a confié nos frères et sœurs de la Terre. Demandons au Seigneur un cœur ouvert pour que le sang de Jésus tombe sur nous.

 

Troisième partie : Jésus nous donne la mission du Pardon

Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit « Recevez l'Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »

Alors j'ai un peu hésité. J'aurais pu vous dire combien de fois j'ai été pardonné et que cela m'a donné envie de croire que je suis aimé, j'aurais pu vous dire cela. J'aurais pu vous dire aussi quelle joie c'est de donner le sacrement du Pardon, de la Réconciliation, que c'est un bonheur, j'aurais pu vous le dire aussi. Mais voilà j'ai voulu aborder autrement ce point.

Nous avons tous la mission de pardonner. Or il n'y a rien de plus difficile que de pardonner. Notre cœur est blessé par nos frères. Pas forcément par ceux qui sont loin, plus par ceux que nous aimons, par ceux qui nous sont proches. Par notre époux, notre épouse, par notre fils, par notre mère, notre ami, par notre voisin, notre collègue de travail. Ce sont eux qui nous blessent véritablement. Et peut être parmi nous, il y en a qui ont des poids vraiment lourds, et ils n'arrivent pas à pardonner. Parce qu'on ne peut pas pardonner si la grâce de Dieu ne nous est pas offerte. On peut le faire par la foi et la volonté. Parce que quand on prie, le Seigneur descend dans notre cœur et nous permet de pardonner. Et c'est notre mission. Je dirais même que l'on n'a pas d'autre mission, pardonner, donner la vie de Dieu.

Alors une petite histoire... un grande histoire plutôt que l'on m'a racontée. Des amis ont perdu leur fils à 26 ans ; il a été écrasé par un chauffard ; quelqu'un lui a refusé la priorité. Il n'y a rien de plus dur que de perdre un enfant. Cet homme qui a écrasé leur fils est allé en prison, il a fait ses 18 mois et il est sorti. Pour ce couple, c'était dur de le voir dans la rue. Quand ils le croisaient, ils voyaient que lui aussi se sentait mal à l'aise. Ils ont beaucoup pleuré, ils sont allés à la messe, ils ont demandé la grâce, ils ont demandé l'aide de Dieu, et ils l'ont invité chez eux. D'abord il était un peu réticent, cela se comprend. Finalement il a accepté, il est venu chez eux. Et là tout simplement ils lui ont dit : nous te pardonnons, de tout notre cœur nous te pardonnons. Frères et sœurs, à ce moment là, ils témoignent qu'une joie s'est emparée de leur cœur. Une joie même qu'ils n'avaient jamais connue. La joie du pardon est entrée dans leur cœur, dans leur âme, dans leur corps et ils disaient : on a envie de sauter, de chanter, de danser... Le Christ a renversé leur cœur parce qu'ils ont pardonné. Et c'est à cela que nous sommes invités. A connaître cette joie de pardonner.

Il n'y a pas à chercher le sentiment de joie, il y a à désirer pour nos frères le pardon, de tout notre cœur. Parce qu'il y a tellement de fardeaux. Et nous sommes chargés, nous chrétiens, de retirer le fardeau de nos frères.

 

Nous nous tournons vers la Vierge Marie, et nous lui demandons d'avoir un cœur comme elle, elle qui a pardonné à ceux qui ont tué son fils. Nous lui demandons un cœur semblable à elle, un cœur rempli de la joie de la résurrection, et un cœur rempli de pardon. Jean-Paul II disait dans un de ses écrits : la miséricorde n'est-ce pas l'autre nom de l'amour ? Amen

 

Père Matthieu Bobin

 

 

Article publié par Paroisse St-Maurand St-Amé de Douai • Publié Mercredi 07 mai 2014 • 689 visites

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